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Forum Palabre Nord-Sud
et Sud-Sud pour le développement
Atelier 2000
(3 au 7 juillet - CESAO
- Bobo Dioulasso - Burkina Faso)
Note d’introduction
aux débats
Younoussi Boukari, Vice-Président
de l'Inter-Réseaux
L’environnement des organisations paysannes
africaines est caractérisé, au cours des années 80-90
par les difficultés suivantes :
La crise économique et les politiques
d’ajustement structurel imposées de l’Extérieur obligent
les Etats Africains à se désengager du financement du développement
rural.
Les structures para étatiques de
financement de l’Agriculture (Caisses Nationales de Crédit Agricole)
ont fait faillite dans la plupart des pays. Là où elles existent
encore, elles ne répondent pas, de façon satisfaisante, aux
besoins des OP.
L’accès au crédit des institutions
bancaires est impossible pour la plupart des organisations paysannes dont
les capacités de gestion sont encore très faibles. Les taux
d’intérêt et les garanties exigés par les banques commerciales
excluent la plupart des organisations paysannes.
L’aide publique extérieure tend
à se réduire et à devenir de plus en plus sélective.
Les appuis apportés par les organisations
non gouvernementales du Nord ne suffisent pas pour faire face aux besoins
sans cesse croissants des organisations paysannes.
La pauvreté et la faiblesse des
capacités institutionnelles des paysans limitent l’impact de leurs
efforts internes de mobilisation de ressources.
Face à cette situation, les
organisations paysannes se mobilisent et recherchent des modes alternatifs
d’organisation et de financement leur permettant de financer, par leurs
propres moyens, le fonctionnement de leurs associations et les investissements
nécessaires à leur développement.
L’Atelier 2000 organisé par le
Forum Palabre Nord-Sud et Sud-Sud pour le développement voudrait
ouvrir un débat, entre organisations paysannes et ONG d’appui, autour
de la problématique de l’autonomie financière des organisations
paysannes par la mobilisation des ressources locales. Ce thème est
en effet apparu prioritaire dans les réflexions en réseau
qui ont suivi la rencontre de Niamey qui a donné naissance au Forum
Palabre.
La méthode de travail proposée
par les organisateurs de l’atelier, consistant à analyser la problématique
de la mobilisation des ressources à travers les pratiques des OP
et des ONG, suggère deux hypothèses à vérifier.
Pour vérifier chaque hypothèse, nous proposons, sous forme
de questions, les aspects qu’il nous semble important d’approfondir au
cours de l’atelier.
Hypothèse n°
1 :
L’autonomie financière des OP
est possible à travers la mobilisation des ressources locales si
les conditions optimales sont réunies. Les études de cas
présentées pourront aborder les points suivants :
La description de ce qui se fait :
Quelles ressources locales peuvent-elles
concourir à l’autonomie financière des organisations paysannes
? Existent-elles en quantité suffisante pour assurer cette autonomie
?
Les projets et programmes des organisations
paysannes comportent-ils une politique claire de mobilisation de ressources
locales en vue de l’autonomie financière ?
L’analyse de ce qui se fait :
Le niveau actuel de structuration et l’état
des capacités techniques et organisationnelles des OP peuvent-ils
fonder leur aptitude à mobiliser les ressources locales ?
Les instruments de mobilisation de ressources
utilisés par les organisations paysannes sont-ils bien adaptés
et maîtrisés par ces dernières ?
Les résultats obtenus jusqu’à
présent par les organisations paysannes permettent-ils d’être
optimiste sur la faisabilité de leur autonomie financière
?
L’analyse de l’environnement de
ce qui se fait et des capacités des OP a en tirer parti :
L’environnement socio-politique, économique
et culturel est-il favorable à la mobilisation des ressources locales
?
La capacité de lobbying et de négociation
des organisations paysannes est-elle suffisante pour influencer les politiques
nationales de développement rural ?
L’aide extérieure peut-elle jouer
un rôle dans la réalisation de l’autonomie financière
des organisations paysannes ?
Hypothèse n°
2 :
Les ONG d’appui sont des partenaires
incontournables des organisations paysannes dans le processus de mobilisation
des ressources locales. Les études de cas présentées
pourront aborder les points suivants :
La description de ce qui se fait :
Quel est l’apport des ONG dans ce domaine
?
La pertinence de ce qui se fait
:
Leurs pratiques sont-elles en harmonie
avec les politiques , les besoins et les capacités des organisations
paysannes ?
Associent-elles les organisations paysannes
à la définition de leurs programmes d’appui et à l’élaboration
de leurs outils de travail ?
Leurs interventions n’entravent-elles pas
la dynamique propre des organisations paysannes ? Sont-elles concurrentes
ou complémentaires de celles des OP ?
Autres questions pour
le débat
Nous attendons des conclusions de l’atelier
qu’elles aident les organisations participantes à se renforcer mutuellement
et à améliorer durablement leurs pratiques en matière
de mobilisation de ressources locales. A cet effet nous proposons encore
d'autre questions à débattre.
Quels autres acteurs participent ou devraient
participer à la mobilisation des ressources pour qu’elle soit efficace
(acteurs publics et privés) ?
Quelles sont les conditions optimales qui
devront être réunies pour rendre possible et efficace la mobilisation
des ressources et le cheminement des OP vers leur autonomie financière
?
Quel rôle pour les structures d’appui
dans ce processus ?
Quel cadre de collaboration entre acteurs
?
Quel rôle pour le Forum Palabre ?
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