Etudes AFRACA - L'assurance et la microfinance - Le financement de l'agriculture en Côte d'Ivoire
Les systèmes financiers décentralisés (CIRAD-TERA)Contributions
Jean Delion - Claude Falgon /François Lécuyer /Emmanuel Simantov - Michel Pelloquin
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L’Association régionale du crédit agricole pour l’Afrique (AFRACA) a réalisé une étude en 1992 sur 6 pays africains (Cameroun, Ghana, Kenya, Mali, Tunisie et Zimbabwe) portant sur le bilan et les perspectives du crédit rural en Afrique. Si l’ancienneté de cette étude rend ses analyses probablement obsolète pour ces pays, les questionnements qu’elle soulève semblent par contre rester, pour la plupart, d’actualité. Voici quelques éléments que l’on peut retirer d’une lecture transversale de 7 rapports liés à cette étude et qui peuvent servir de points de repères pour le cadrage du groupe de travail sur le financement de l’agriculture.___________________________Ces études distingue plusieurs acteurs du financement de l’agriculture.
· Les banques agricoles
· Les banques commerciales
· Les sociétés de développement qui incluent des activités de crédit (filière coton)
· Les réseaux mutualistes d’épargne et de crédit.Chacun de ces acteurs développe une activité basée sur des créneaux de financement privilégiés : campagne agricole ou exploitations modernes pour les banques commerciales, exploitations agricoles spécialisées pour les sociétés de développement, couverture des dépenses sociales ou diverses activités rurales pour les réseaux mutualistes. Le financement de l’agriculture résulte de la contribution diffuse de ces différents acteurs mais, en définitive, peu de ressources de financement sont orientées vers le crédit productif, vers le crédit agricole en particulier (Cameroun).
Le développement du financement de l’agriculture pose la question plus globale de la sécurisation de l’activité agricole dont les composantes sont :
· l’existence de fonds de garantie
· l’existence de mécanismes d’assurance agricole
· l’existence de sécurisation foncière pouvant permettre d’offrir des garanties aux banquesSur le financement des exploitations agricoles proprement dites, les banques agricoles ont souvent des difficultés à atteindre le milieu rural et la majeure partie de leurs financements sont consacrés à l’agro-industrie (Mali). En général, les banques segmentent leur clientèle en trois catégories : les grandes exploitations, les intermédiaires et les exploitations « de subsistance ». C’est dans la première catégorie et un peu la deuxième que l’on trouve les bénéficiaires du crédit agricole .
Les données statistiques par pays sont rares ou peu fiables concernant les structures d’exploitations. Dans des zones plus restreintes, les organismes bancaires ont réalisé des études de clientèles qui permettent de bien segmenter les bénéficiaires actuels et potentiels (cas de la zone de Sikasso au Mali). Ces études distinguent les clients individuels et collectifs (associations villageoises, groupements). En définitive, ces études se centrent surtout sur les améliorations à apporter au fonctionnement de chaque type d’organisme financier comme à l’environnement bancaire (réglementation juridique, rôle de l’Etat) mais propose peu de pistes pour le développement du crédit aux exploitations agricoles.
Le développement du financement des exploitations agricoles est envisagé à partir de l’amélioration de la qualité de l’intermédiation financière, et en particulier du diagnostic préalable à l’octroi des prêts. La question de la couverture du risque et de la garantie est importante mais « il faudrait ramener le problème de la garantie à sa véritable dimension qui est importante mais ne doit pas être le seul élément déterminant dans l’octroi du crédit, la garantie doit rester l’accessoire du crédit, on s’en soucie lorsque le diagnostic est réalisé, que la justification économique du crédit est vérifiée ». La multiplication des bénéficiaires du crédit demande un service de proximité, moins standardisé avec des produits financiers adaptés aux contraintes des exploitations agricoles. On retrouve alors la question récurrente du développement du réseau des agences locales des banques avec des limites évidentes liées aux coûts d’intermédiation. Cela entraîne la recherche d’une articulation entre les banques agricoles et les systèmes financiers décentralisés qui constituent aux yeux des banques agricoles un relais efficace avec les producteurs.
L'assurance
et la microfinance
Extrait du Bulletin du
Mardi d'Espace Finance - 21 septembre 1999 - Christine POURSAT (GRET
www.gret.org)
Un nouveau champ d'innovation s'ouvre en microfinance, dont on commence à beaucoup parler : il inclut tout ce qui concerne les mécanismes d'assurance. Le domaine est vaste : assurance santé, assurance élevage, fonds d'assurance visant à sécuriser les crédits, etc. L'idée de départ est de dire que, de même qu'il a fallu inventer une façon de faire du crédit adaptée à une population n'ayant pas accès aux banques, il faut réinventer la "micro-assurance" pour ceux qui n'ont pas accès aux produits d'assurance. L'objectif des projets pilotes existants n'est pas toujours le même : il s'agit soit de lier crédit et assurance ("sécuriser" les crédits d'une IMF en proposant des produits d'assurance ou en mettant en place des fonds de garantie), soit de lancer spécifiquement une activité distincte (ex programme d'assurance santé non lié à une IMF).__________________________________________Le programme Microfinance Best Practices (MBP) a lancé plusieurs initiatives de soutien aux opérateurs s'orientant vers ce secteur. Il est l'une des composantes de MIP (Microenterprise Innovation Project), une initiative de USAID (coopération américaine). MBP vise à développer les connaissances des pratiques existantes en microfinance, à la fois en développant des programmes de recherches qui donnent lieu à des publications régulières, et en finançant des projets correspondant à un programme fixé annuellement.
MBP s'est impliqué dans le défrichage du domaine de la "micro-assurance", en finançant depuis 1998 quatre projets pilotes dans ce domaine. MBP a par ailleurs lancé récemment une étude visant à recenser les organismes impliqués dans la mise en place de projets de ce type. Vous pourrez trouver toutes les informations souhaitées sur les financements accordés par MBP et les publications parues sur le site de MIP (http://www.mip.org) (cliquer sur MBP - Best Practices).Les initiatives de MBP dans le domaine de la "micro-assurance" :
1) Dans le cadre de ses "Innovation Grants" et "Capacity-Building Grants", MBP finance depuis 1998 quatre projets d'assurance adaptée à une population défavorisée : Réseau des Caisses de Dakar, Ugandan Health Partners, AAC/MIS en Colombie et un projet pilote d'assurance-santé du GRET au Cambodge. Une présentation rapide de ces différents projets est consultable sur le site de MBP (voir "MBP Grants", puis "Briefing on Current Grants").
2) 11 juin 98 : à l'initiative de MBP, une réunion du groupe de travail 'Insurance for Microfinance Sector' s'est tenue à Washington. La réunion associait des membres de DAI/MBP, CGAP, FINCA, FFH (Freedom from Hunger), ADRA, IAF, du BIT, et de SEEP Network. Les objectifs retenus par MBP étaient les suivants :
Phase I
a) coordonner les échanges d'information et animer un groupe de travail,
b) encourager la recherche-action sur des modèles d'assurance :
* Identifier les expériences existantes
* Appuyer les expérimentations, en offrant ressources financières et appui technique
* Mettre en place des projets pilotes
c) concevoir des outils d'analyse d'impact spécifiques
* étude de SEWA (ONG indienne ayant mis en place des produits
d'assurance) permettant de mettre au point de premiers outils
* étude comparative des différentes expériences pilotes soutenues par MBPPhase II :
* Disséminer information et techniques
* Produire des manuels et outils de vulgarisation3) Dans le cadre des travaux de recherche financés par MBP (Microfinance Best Practices), Calmeadow est en train de travailler sur cette thématique des produits d'assurance pour les communautés à faible revenu. Dans un premier temps, le but est de recenser les expériencesd'assurance existantes.
La personne responsable de l'étude auprès de Calmeadow est Warren Brown, qui a récemment fait un appel sur Devfinance pour entrer en contact avec tous les organismes impliqués dans ce type d'expériences :Warren Brown, Calmeadow International, Toronto, Ontario, Canada
tel. 416 486 7308 - fax 416 486 7611 - wsbrown@home.comQuelques éléments de bibliographie sur le sujet de l'assurance :
* Besley T. (1995). Savings, credit and insurance, in Handbook of development economics, Behrman J. et Srinivasan T.N. Eds, Elsevier Science B-V, Amsterdam, vol.3, 2123-2207.
* Binswanger, H. (1986). Risk aversion, collateral requirements and the market for rural credit and insurance in rural areas. In P.Hazell, C. Pomareda, & A.Valdes (Eds.), Crop Insurance for Agricultural development (1st ed., pp.67-87). London: John Hopkins University Press.
* Binswanger, H., McIntre, J., & Urdy, C. (1989). Production relations in semi-arid African agriculture. In P. Bardhan (Ed.), The economic theory of agrarian institutions (1st ed., pp. 122-144). Oxford University Press.
* Creusot, A.C. (1995). Réflexion sur la mise en place d'un système d'assurance contre les risques de l'élevage des exploitations albanaises. Montpellier : ENSA (unpublished).
* Fishe, P., & Chen, L. (1993). Informal Financial Arrangements and the Stability of Deposit insurance in less Developed Countries. Southern Economic Journal (July).
* Fishe, R. P. H., & R.C., V. (1988). Implications of Deposit Insurance for Informal Financial Arrangements (Mimeo ). Miami:
University of Miami.* Gautam, M., Hazell, P. B. R., & Alderman, H. (1994). Rural demand for drought insurance. Washington, DC: World Bank, Agriculture and Natural Resources Dept., Agriculture Policies Division and Policy Research Dept., Poverty and Human Resources Division.
* Gollier, C. (1996). Vers une théorie économique des limites de l'assurabilité. Revue d'Economie Financière.
* Hazell, P. B. R. (1992). The appropriate role of agricultural insurance in developing countries. Journal of International Development, 4(6), 567-581.
* Kpodo, P. (1990). Africanisation of insurance: extending insurance cover to the rural population of Africa : existing programmes and the challenges of the 1990s, CTAD/AIO Workshop on African Insurance Reassessment (1990 : Casablanca, Morocco) . Geneva: UN.
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* Le Pape J. ; De Mestier Y. (1995). L'assurance dans la zone franc. CFD.
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* Mosley, P., & Krishnamurthy, R. (1995). Can crop insurance work? The case of India. Journal of Development Studies, 31 (February), 427-450.
* Nagarajan G. ;Meyer R.L. ; Ouattara K. (1994). Financial intermediation by NGOs : implications for indigenous village groups in the Gambia. In Savings and Development, 18 (2), 211-224.
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* Townsend R. (1994). Risk and insurance in village India. Econometrica, 62 (3), 539-591.
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* Zeller M. ; Von Braun J. ; Johm K. ; Puetz D. (1994). Sources and terms of credit for the rural poor in the Gambia. Savings and Development, sup. (1/2), 167-186.
Le
financement de l'agriculture en Côte d'Ivoire
Eléments issus
du Comité paritaire du programme cadre OPA (Appui à l'organisation
professionnelle du monde rural en Côte d'Ivoire) - 12 mars 1999
Les représentant des producteurs (ANOPACI) expriment leur choix en faveur d'un système de proximité en matière de financement de l'agriculture. Le réseau COOPEC exitant devrait être plus fortement mobilisé pour participer à la modernisation des exploitations. Ils regrettent que le réseau privilégie par trop l'épargne et le crédit en milieu urbain. Ils constatent qu'actuellement le système bancaire ne veut ni ne peut participer au développement de l'agriculture.____________Le représentant de la Banque Mondiale ne juge pas pertinent la mise en place d'une nouvelle banque de développement agricole. Par rapport aux autres pays de la sous-région, il estime que le système bancaire invoirien est peu efficient. Il s'interroge sur les garanties qui pourraient être apportées pour que l'argent d'une "structure chapeau" ne soit pas à nouveau détourné de son objet initial ; développer la réflexion dans le cadre d'un groupe de travail lui paraît indispensable.
Un représentant de l'administration informe que la Banque de crédit agricole verra le jour au mois de mai 1999. De statut privé, elle sera accompagnée pour son démarrage par l'Etat qui participera à son capital à hauteur de 20%. Cette nouvelle banque devrait prendre le relais de caisses de type mutuelles d'épargne et de crédit (CMEC) qui évoluent en milieu rural.
Le représentant de l'AFD fait remarquer qu'il n'y a pas de système de crédit idéal et universel. Le taux d'intérêt correspond au coût de l'argent et aux risques que prend le prêteur. Selon lui, une banque privée n'ira pas aux petits paysans et le financement dont ils ont besoin ne peut venir que d'eux-mêmes. Cependant, pour ce qui concerne le secteur café-cacao, il demeure persuadé que les banques commerciales seront petit à petit amenées à travailler avec des organisations de producteurs.
Le CIRAD-TERA mène depuis 1997 un programme de recherche sur le financement de l'agriculture, en partenariat avec des opérateurs, universités et centres de recherche du Nord et du Sud. Le thème central est le suivant : " Dans quelles conditions les systèmes financiers décentralisés peuvent-ils accompagner durablement le développement de l'agriculture ?"_________________________Plus spécifiquement, le programme de recherche s'interroge sur:
1/ Quels sont les besoins financiers et contraintes spécifiques aux différents systèmes de production agricole et aux différentes catégories sociales de ménages agricoles ? Dans quelle mesure, les SFD existants sont-ils adaptés aux besoins spécifiques du développement agricole ?La problématique est traitée à partir d'une analyse comparative de plusieurs terrains et types de SFD : Indonésie, VietNam , Cambodge, Burkina et Bénin pour les pays, avec des SFD de type caution solidaire, mutualiste, etc. Une synthèse des travaux aura lieu dans le courant du dernier trimestre 1999 et premier trimestre 2000.2/ Comment raisonner la liaison entre microfinancement / changement technique / accompagnement technique ?
3/ Quelles sont les conditions de viabilité des institutions de microfinancement qui intègrent le financement de l'agriculture (gestion du risque, conditions d'appropriation, rôle de l'Etat, ...) ?
Personne contact : Betty Wampfler CIRAD-TERA, wampfler@cirad.fr, tél. : 04 67 61 55 55
Contribution
de Jean Delion
Banque Mondiale
jdelion@wolrdbank.org
13 juillet 1999
Il y a des centaines de publications intéressantes avec beaucoup de fumée. Il y a beaucoup d'angles intéressants pour approcher la question. Ca résulte dans des tours de babel ou chacun défend son point de vue (et, le plus souvent, par rapport à ses objectifs et il a raison !). Le CGAP a fait des synthèses intéressantes et serait un partenaire clé pour le travail envisagé. Egalement quelques universites (Wageningen ?).___________________________________________________________Je propose un thème qui "bloque" de nombreuses agences et ONGs : le developpement des Institutions de Micro Finance (IMF) prend tres longtemps (15 ans pour atteindre 20 à 30% des ruraux dans un pays comme le Rwanda ou le Benin). Il y a bien sûr d'autres solutions (organiser les ruraux pour qu'ils accèdent au banques commerciales, appuis aux banquiers ambulants, secteur informel, etc.) mais tout ça n'atteint pas la masse des ruraux pauvres.
Synthèse
d'entretien
Claude Falgon (directeur),
François Lécuyer et Emmanuel Simantov
(1er février
et 24 août 1999)
Suite à un premier entretien, il ressort que le thème paraît globalement pertinent. Il y a beaucoup de banques commerciales en Afrique mais elles restent concentrées dans les grandes villes et ne font pas de crédit agricole. Parallèlement, de plus en plus de réseaux de micro-finance se développent en milieu rural sans pouvoir répondre à la forte demande de crédit pour l’agriculture._________________________L’enjeu est de convaincre les banques commerciales de travailler avec l’agriculture. On sent un frémissement depuis 2 à 3 ans. Il n’était alors pas question de parler d’agriculture : aujourd’hui, certaines banques prêtent l’oreille. Pour cela, il faut réconcilier deux cultures : les financiers qui raisonnent en terme de risque et les économistes agricoles capables de mettre en évidence les spécificités de l’activité agricole et ses implications en terme de financement.
Beaucoup de banques disposent d’un réseau relativement décentralisé et se posent aujourd’hui la question de son avenir : le démanteler ou relancer une activité bancaire orientée vers le rural et l’agricole ? La bonification des prêts n’est plus à l’ordre du jour dans la mesure ou les taux sont maintenant bas : le vrai problème est le coût d’intermédiation et la marge bancaire. Le crédit moyen terme ne pose pas trop de problème. C’est le crédit long terme qui est problématique aujourd’hui (le crédit plantation par exemple, pour l’hévéa, qui entre en production après 8 ans) avec les problèmes d’hypothèque liés au foncier.
Un deuxième entretien a permis d'identifier quelques thèmes pouvant faire l'objet d'analyse et d'échanges d'expériences :
La question de l'assurance prise dans le sens de la sécurisation du crédit. Il ne s'agit pas tant de travailler sur les assurances pour le revenu agricole (risques trops importants donc trop cher à couvrir) mais d'imaginer des produits d'assurance réduisant le risque sans toutefois le faire disparaître : le risque est en effet un facteur d'orientation des ressources. La collecte de l'épargne, vue aussi comme un forme de garantie partielle pour sécuriser le crédit. Le rôle des organisations paysannes (OP) dans le financement de l'agriculture. Horus pense que la fonction crédit agricole doit être assurée par des institutions financières spécialisées. Mais cette option n'interdit pas des articulations fonctionnelles avec des OP qui, dans certains domaines, peuvent servir de relais. Le rôle de l'agro-industrie, comme acteur pouvant avoir un rôle dans le financement de l'activité agricole.
Le développement du crédit agricole par les banque commerciales, en recherchant des "hybridations" avec des outils élaborés par la micro-finance.
Contribution
de Michel Pelloquin
Consultant
pellmi@iprolink.ch
13 juillet 1999
J'aurai peut être quelques éléments à apporter à partir de systèmes de crédit rural que j'ai la chance, comme consultant, de suivre régulièrement depuis quelques années : notamment au Togo, région centrale (Sokodé) un vieux projet GTZ - qui avait
(comme il se devait) un volet crédit - évolue depuis 1997 vers un système régional de crédit rural autonome au service des organisation rurales. Cela s'appelle Fonds de Développement Régional (FDR), et fonctionne comme une entreprise.Il y a 2 composantes :
1- le FDR, agréé comme institution financière non mutualiste selon la convention cadre de la loi Parmec, qui fonctionne comme une entreprise avec direction et agents, gestion indépendante et compta d'entreprise auditée, et vise la pérennité - donc la rentabilité et un bon ancrage social en mileu rural.
2- un Programme d'activités d'appui à l'autopromotion - financé et géré en projet - qui vise deux objectifs :
Quels crédits ? Depuis quelques années 2 produits principaux :Contribuer à la structuration du milieu paysan avec des moyens habituels : support à des voyages de leaders et responsables paysans dans des OP et des SFD au Togo et en Afrique de l'Ouest, appuis aux restitutions, organisation d'ateliers thématiques, ... Renforcer les groupes-clients du FDR et la connaissance pratique de l'économie rurale régionale : organisation d'ateliers intervillageois d'autoévaluation assitée des crédits en fin de campagnes, études participatives (socioéconomie villageoise, problèmes des exploitations agricoles, articulations coton-vivriers,...). Ces activités-là sont clairement un appui non financier au FDR et à sa clientèle - appui temporaire puisqu'il s'agit d'un projet - qui vise à améliorer la qualité des produits de crédit, améliorer la qualité de l'utilisation des crédits par les groupes de paysans, et améliorer la qualité des interactions FDR - clientèle. Ambitieux? certes, mais nécessaire. (les remboursements sont OK, proches de 100% 2 mois après échéances)des crédits intrants vivriers, 110 M. FCFA pour la campagne en cours des crédits de stockage et commercialisation de céréales (surtout maïs), 45 M. CFA des crédits de fonds de roulement à des groupes de femmes rurales démarrent. Originalité :
Une réflexion sur l'appropriation du FDR, au sens capitalistique du mot (construire des propriétaires) est engagée avec l'équipe du FDR et la CA (et restitutions dans le milieu). On s'oriente vers un actionnariat majoritairement paysan par achat de parts sociales.
- le FDR s'est doté d'un Conseil d'Administration dont la majorité des membres sont des délégué(e)s paysan(ne)s.
- Le comité de crédit, décideur, est issu du CA.
- L'évolution croissante des compétences et donc du pouvoir du CA et la dynamique d'évolution de l'équilibre entre la Direction du FDR et le CA sont pour le conseiller que je suis un champ de travail passionnant.
A suivre...Ce n'est qu'un exemple, qui n'a pas vocation ni envie d'être une petite success story, mais va sérieusement son bonhomme de chemin et peut accessoirement, je crois, fournir à d'autres quelques pistes de problématiques
intéressantes.L'accent - à mon avis justifié - mis ces dernières années sur la gestion sérieuse et la rentabilité des systèmes de crédit de proximité est à équilibrer par des avancées dans la réflexion et dans la pratique sur ce que j'appelle leur enracinement social, qu'il faut construire ! Je caractériserai l'enracinement par l'effet principal attendu : que l'ensemble de la clientèle se soucie de la bonne marche et de la pérennité du SFD (that they do take care of it). La difficulté évidente est que la croissance de systèmes de crédit et cet enracinement (propriété, qualité des interactions système - clientèle, organisation des feed back, ...) obéissent à des rythmes temporels différents. La croissance peut être très rapide si le savoir faire est présent, ce qui devrait être de plus en plus le cas ; l'enracinement dépend beaucoup du milieu et des attitudes culturelles du SFD. Sur ce point il y a du pain sur la planche...