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INTRODUCTION
De part et d'autre les vieux modèles
de développement, libéraux, dirigistes ou d'assistance, même
s'ils gardent leurs défenseurs, ont montré leurs limites
et leurs conséquences sociales funestes.
Pourtant depuis une dizaine d'années,
de nouveaux discours et de nouvelles pratiques sociales, basés sur
des expériences concrètes de proximité commencent
à être entendus, encouragés et même prônés
par les organismes de décision nationaux ou internationaux : responsabilisation
de la société civile, décentralisation, lutte contre
la pauvreté et l'exclusion, citoyenneté ...
Ces idées, au coeur du débat actuel sur le rôle de l'Etat en Afrique de l'Ouest, sont fondées en France sur des initiatives multiples et diverses dont beaucoup s'intègrent dans l'expérience du développement local.
Il s'agit d'une forme d'approche des problèmes plus que d'un modèle ou d'une idéologie. Mise en oeuvre dans des zones économiquement en difficulté, (zones rurales défavorisées, vieilles régions industrielles, banlieues) elle rejoint les pratiques développées par des associations et des opérateurs du Sud dans des contextes institutionnels pourtant très différents.
Il paraîssait donc intéressant de comparer ces deux approches et, ainsi, d'apporter des repères et des références pris dans le cadre français, où l'expérience est plus ancienne, afin d'avoir une nouvelle grille de lecture des expériences en cours en Afrique de l'Ouest.
Car, on constate, parmi les praticiens du développement local ouest-africain une grande méconnaissance sur les enjeux globaux d'une telle pratique et une grande attente de repères et d'expériences. Réciproquement, bien que beaucoup de praticiens du développement local en Europe aient travaillé dans les pays du Sud, l'image qu'ils ont de la réflexion sur le développement dans ces pays est souvent restée figée à la période de leur expérience.
Si ce document est donc proposé en premier lieu à la lecture des techniciens de terrain travaillant au Sud, il s'adresse également aux opérateurs de développement local en Europe afin de les inciter à s'associer à la réflexion sur ce thème en Afrique. Et il s'adresse enfin aux partenaires du développement (associations, comités de jumelage, entreprises...) afin de les aider dans leur réflexion sur un mode d'intervention solidaire et responsable avec leurs partenaires du Sud.
Pour cela, le parti pris a été de proposer une lecture parallèle des deux expériences. Un certain nombre de rappels, de définitions et d'explications ont été insérés en marge, notamment dans le but de faciliter la lecture pour un public africain peu familier de certaines notions publiques françaises. Nous avons essayé également de nous servir de ces encarts pour illustrer au maximum par des exemples concrets le texte principal qui pourrait paraître parfois un peu théorique.
A la suite des exposés sur le développement local en Afrique, quelques réflexions et analyses personnelles ont également été insérées (en encadré).
La présentation de ces approches pourrait laisser croire en des démarches clairement définies et structurées, alors qu'elles restent le plus souvent expérimentales et innovantes. En fait, on a recherché à développer et à faire ressortir les tendances méthodologiques fortes qui se sont dégagées au travers de nombreux questionnements, d'hypothèses de travail, de tâtonnements et d'impasses qui ont été vécus sur les opérations tant en France qu'en Afrique de l'Ouest.
L'étude se base, pour sa partie africaine, essentiellement sur les expériences menées par l'Association Française des Volontaires du Progrès au Burkina-Faso à travers la quinzaine d'opérations de gestion de terroir et de développement local qu'elle mène et plus spécifiquement sur les expériences menées à Bassemyam, Tanghin et Tanghin Dassouri. Des exemples sont également pris à travers deux programmes auxquels collabore l'Institut de Recherche et d'Applications des Méthodes de Développement (IRAM) au Ganzourgou (Burkina-Faso) et sur le cercle de Sikasso (Mali).