Archives : articles et dossiers en ligne Vivriers locaux: couvrir la demande
Benoît Vergriette (Solagral)
Grain de Sel n° 2 (juillet 1996) page 3.
Copyright Inter-Réseaux 1996
Tout d'abord celui de la disponibilité qui n'est pas garantie pour de nombreux produits. L'objectif prioritaire de beaucoup de producteurs demeure l'autosubsistance, la mise en marché répondant plus à des contraintes monétaires qu'à des logiques commerciales. La stabilisation des prix des vivriers, la diversification des productions et des revenus monétaires sont des pistes à encourager en prenant en compte le degré d'insertion dans les marchés et l'accès aux ressources (foncier, équipement... ). Le fonctionnement et l'organisation des circuits de distribution jouent un grand rôle dans l'approvisionnement régulier des marchés urbains.
Ensuite, la question du prix de ces produits. En renchérissant le prix des vivriers importés, la dévaluation du Fcfa devait faciliter un report de la consommation sur les produits locaux. Généralement, les prix du riz et des vivriers locaux transformés ont évolué de manière parallèle : la question des coûts de transformation demeure donc essentielle. En revanche, et partout dans les pays de la zone CFA, pour une même quantité de riz, on peut obtenir aujourd'hui davantage de manioc.
Plus globalement, Blaise Leenhardt a indiqué que la hausse des prix des produits vivriers a été, depuis la dévaluation, supérieure à l'indice général des prix. Ceci signifierait une progression du pouvoir d'achat des ruraux, à la différence des urbains. Ces conclusions ont suscité un vif débat parmi les participants : les producteurs ont-ils réellement vu leurs revenus s'améliorer ? Si oui, lesquels et à quoi ont-ils affecté ces revenus? Autant de questions à approfondir...
Enfin, l'essor des filières vivrières dépend pour beaucoup de la qualité des produits offerts à la consommation. La valorisation des produits locaux imitant des importations (pain et pâtes avec céréales, purée d'igname...) n'a connu qu'un succès relatif. En revanche, le marché des produits traditionnels transformés (foutou, atiéké...) est un levier important pour le développement de ces filières, à condition de veiller aux besoins et exigences des consommateurs. A noter que la dévaluation a entraîné une baisse qualitative de l'alimentation (diminution de la consommation de viande et de légumes), voire une dégradation de la situation nutritionnelle de certaines populations urbaines - par exemple, les enfants de Cotonou .
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(1) Interventions de
S. Snrech (Club du Sahel), P. Moustier (Cirad-Flhor), B. Leenhardt (Cm)
et N. Bricas (Cirad-Sar). Compte rendu disponible au secrétariat
de l’Inter-Réseaux
(2) West Africa long
terni perspective study (étude menée avec l'appui du Club
du Sahel).