INTER-RESEAUX
L'Observatoire coton
Sensibiliser les OP sur les enjeux du cotontélécharger le fichier texte (format RTF)
En quête de soutiens pour préserver cet important outil d'échanges et de formation, les responsables de l'Observatoire, nous en présentent les principaux atouts.
L'Observatoire coton a été lancé à Bamako en 1997, à l'instigation du Réseau Agriculture Paysanne et Modernisation (APM Afrique). Son but : aider les leaders des organisations cotonnières à se connaître et à s'informer, alors que les filières coton subissaient de profondes restructurations (libéralisation, privatisation, etc.). Il dispose également d'un bulletin trimestriel, l'Écho des cotonniers, qui répercute les aspirations et les difficultés des producteurs. Après une phase expérimentale gérée par le CIEPAC (1), une ONG française qui animait depuis Montpellier son réseau de correspondants basés dans des pays producteurs de coton, à la demande des leaders paysans, l'Observatoire a été transféré en Afrique en mars 2000.
Installé au siège de la Fédération des unions de producteurs du Bénin (FUPRO), l'Observatoire est animé, par le GERAM , une ONG nationale, et est dirigé par un Conseil d'orientation composé de délégués d'organisations cotonnières du Mali, du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Sénégal, de Guinée, du Cameroun, du Tchad, du Zimbabwe et de Madagascar.
Au-delà de la production et de la circulation d'informations, sa principale ambition est d'assurer des activités de formation, de conseil et d'échanges. Confrontées aux effets de la libéralisation et de la mondialisation, objets d'âpres batailles autour du prix du coton ou de la privatisation des sociétés cotonnières, les organisations paysannes cherchent en effet à renforcer leur autonomie en se dotant d'une expertise indépendante. Leurs efforts pour s'imposer comme partenaires de filières autonomes, au niveau organisationnel, décisionnel et financier, sont de plus en plus rudes, alors que la conjoncture internationale demeure incertaine. Etre suffisamment armé pour participer aux négociations et comprendre les enjeux s'impose donc pour eux comme une priorité.
Aussi, la consolidation de l'Observatoire coton reste t-il un objectif primordial. Cependant, les contacts noués avec des partenaires potentiels (ministère français des Affaires étrangères, Union européenne, Banque mondiale, Fondations diverses), n'ont pas encore porté leurs fruits. Cette attitude de réserve face à une initiative originale portée par des organisations paysannes, se fonde sur plusieurs raisons. Tout d'abord, le mot d'ordre sur la lutte contre la pauvreté, relayé par les bailleurs internationaux, qui pourrait conduire à dévaloriser les cultures de "rente" au profit d'un objectif de sécurité alimentaire. Ensuite, les observatoires sont un concept à la mode, d'autant mieux appréciés qu'ils associent différents acteurs d'une filière (notamment les sociétés cotonnières, la recherche et les opérateurs économiques). Or, les membres de l'Observatoire coton persistent à croire qu'ils ne peuvent tirer profit de telles instances qu'en étant suffisamment outillés pour y participer, c'est à dire bénéficier d'informations sur ce qui se passe dans les autres pays et sur le marché mondial, et de conseils d'experts sollicités par eux.
Il serait donc hâtif de dire qu'en raison des aléas de la conjoncture ou de la réorientation de l'aide au développement, le coton ne constitue plus un atout pour l'Afrique. Les paysans n'ont pas demandé à produire du coton, mais tant qu'il occupe une place centrale dans leur économie, il faut faire en sorte que cette production se développe dans les meilleures conditions et que les producteurs puissent en tirer parti pour s'adapter plus aisément aux évolutions en cours.
Par Gaoussou Sanogo (SYCOV) et Kélétigui Bamba (URECOS-CI), président et vice-président de l'Observatoire coton.
S/c FUPR0.Bénin BP 372 Bohicon (Bénin) Tél : (229) 51 07 00 Fax : 51 09 46
Email : fuproben@leland.bj
APM AfriqueLe réseau Agriculture paysanne et modernisation a été constitué en 1995 par des responsables d'organisations paysannes et des personnes-ressources pour constituer un espace indépendant de concertation sur l'Afrique et renforcer les capacités de ses membres par l'information, la formation et les échanges. Représenté dans les pays suivants : Sénégal, Mali, Guinée, Bénin, Cameroun, Tchad, Zimbabwe, Tanzanie, il est en cours de constitution en Gambie, Guinée-Bissau, Côte d'Ivoire, Ouganda, Afrique du Sud et Burkina Faso.
BP 10008 Yaoundé (Cameroun) -Tél : (237) 21 53 89 - Fax : 20 55 20
Ses Activités :
- Observatoires des marchés et des politiques agricoles sur le coton, le riz, le café, cacao.
- Université paysanne africaine.
- Recherche-action sur les stratégies des OP face à la mondialisation.
(1) CIEPAC : centre international pour l'éducation permanente et l'aménagement concerté
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