Grain de Sel n°18 - juillet 2001
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INTER-RESEAUX

Quels défis pour les OP des filières agricoles ?

Vos points de vue

Quel appui en matière de gestion aux groupements cotonniers ?

Par Valentin Beauval*
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Une comptabilité transparente et une bonne gestion des ressources collectives facilitent le fonctionnement interne des groupements et coopératives de tous types. Faute d'être cohérent à ces deux niveaux, la confiance s'amenuise et des conflits internes surgissent entre membres. Beaucoup de groupements cotonniers d'Afrique de l'Ouest ont éclaté suite à des problèmes de ce genre.

Pour les appuyer dans ces deux domaines, diverses formulent existent. Par exemple : ·

Le suivi et le contrôle exercé par les conseillers au Mali et au Burkina a très certainement permis un assainissement de la situation financière de nombreux groupements et cela rassure les partenaires de la filière coton, inquiets face aux impayés internes et externes des OP. L'appui est cependant encore insuffisant en matière d'apurement des dettes internes ou de gestion prévisionnelle car les compétences de nombreux conseillers sont limitées dans ces 2 domaines clefs.

Pour superviser le travail des conseillers et limiter les dérapages (par exemple, entente entre conseiller et membres du CA d'un groupement), des postes d'inspecteurs ont été créés au Mali et au Burkina. Cela alourdit l'ensemble du dispositif et celui-ci peut se révéler assez coûteux pour les filières concernées dans les zones comprenant de nombreux groupements de petite taille (moins de 50 t. de coton-graine).

Mes expériences au sein des OP françaises dont je suis membre(*) ou en appui aux OP cotonnières béninoises m'amènent à penser que ces contrôles externes seront insuffisants pour résoudre les dysfonctionnements existant au sein des groupements en matière de vie associative ou de gestion.

Je pense qu'il faudrait privilégier les activités d'alphabétisation et de formation favorisant l'apparition de contre-pouvoirs dans les OP même, ces contre-pouvoirs étant indispensables pour les dynamiser. La formation des responsables du bureau est certes nécessaire mais il faudrait toucher un nombre plus élevé de membres, en particulier les membres des comités de surveillance des groupements afin qu'ils exercent mieux leurs fonctions.

Par ailleurs, je crains que beaucoup de conseillers ne transfèrent que partiellement leurs savoirs aux élus paysans, surtout s'ils ont des craintes pour leur devenir, lequel est actuellement imprécis (absence de statut et perspectives de carrière mal définies dans les 3 pays cités).

Les responsables paysans des zones cotonnières d'Afrique de l'ouest et leurs conseillers de gestion doivent aussi s'exprimer sur ces sujets. C'est à eux plutôt qu'à nous de détailler leurs besoins et leurs souhaits en matière d'appui comptable et gestion à leurs OP.

 

* Agriculteur, membre d'un GAEC en Anjou, d'une CUMA et de 2 coopératives. Consultant sur les thèmes du développement rural et appui gestion aux OP et aux exploitations agricoles.

 

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