SUR LE TERRAIN
S’unir et diversifier
télécharger le fichier texte (format RTF - 235 Ko, 572 mots, 2 pages)Rassembler les énergies pour valoriser leur potentiel : le credo de nombreux producteurs, à l’exemple de ce groupe baptisé ‘Soleil de Djop’.
Le soleil s'est déjà couché sur Djop, petit village du Sud Cameroun, au cœur de la forêt équatoriale, lorsque la douzaine de paysans qui composent le groupe se sépare. Tout à l'heure au domicile de leur délégué, ils ont fait le bilan des activités mensuelles en compagnie d’un encadreur rural et de l'animatrice du Centre pour l'Environnement et le Développement (CED), organisme d’appui local. Les discussions ont porté sur le prix de vente du sac d'arachides dont la récolte a commencé. ‘Soleil de Djop’ est un groupe de villageois qui ont décidé, il y a deux ans, de mettre leurs énergies en commun pour produire des vivriers (macabo, plantains, manioc, maïs, arachide, ignames, patates, etc.), et les commercialiser.
Seulement pour y parvenir, l'énergie seule ne suffit pas. Il faut aussi du savoir et surtout du savoir-faire. " Nous ne savions sur quelle voie avancer, il nous fallait une personne pour nous guider, pour nous montrer comment faire telle ou telle chose et l’animatrice du CED nous y a aidé ", raconte Ango Emane Joseph, délégué du groupe. C'est ainsi qu'aujourd’hui, les progrès observés traduisent bien le résultat de l'application des séminaires de sensibilisation et de formation auxquels ils ont tous participé.
Ils y ont acquis des notions pour travailler moins longtemps mais efficacement, avec de nouvelles techniques culturales et des semences sélectionnées. Ainsi ces petites choses qu'ils pratiquent aujourd'hui leur procurent assez d'argent pour envoyer les enfants à l'école sans interruption, alors qu’auparavant les enfants étaient souvent obligés de manquer l’école pour aider aux champs. Le groupe s’est également lancé dans d'autres activités comme l'apiculture. " Nous ne savions pas qu'un jour nous pourrions produire du miel. " Maintenant grâce à leurs ruches, ils peuvent vendre du miel aux autres membres de la communauté villageoise.
" Le cacao a eu ses lettres de noblesse, mais il faut trouver d’autres challenges "
Ils se sont également lancés dans la transformation du manioc. " Auparavant, explique Nguelé Marcel, nous produisions du manioc sans savoir quoi en faire, sinon uniquement pour le transformer en bâton de manioc ou le vendre en tubercule frais au marché. Maintenant il se trouve que la petite transformation s'installe déjà ici. Voilà trois mois que ‘ Soleil de Djop’ produit de l'amidon et cela fait plaisir à toute la communauté, conclut-il, particulièrement fier de cette réussite, avant d’ajouter : Avant nous perdions beaucoup et dorénavant, je crois que le challenge est résolu. "
L'optimisme de Marcel a contaminé tout le groupe qui se sent pousser des ailes. Maintenant s'il y a une mauvaise récolte de cacao, les autres productions de vivriers peuvent les aider. Comme le souligne Joseph, " Le cacao a eu ses lettres de noblesse. Mais aujourd'hui qu’il est en perte de vitesse, il s'agit pour nous, non pas de l'abandonner totalement, mais de reconsidérer sa position dans l'ordre des priorités de nos revenus. " C'est ainsi que la petite communauté envisage de se lancer à plus long terme dans d'autres activités telles que l'agroforesterie, la pisciculture ou encore l'élevage de poulets et de porcs. Bref ils ont opté à fond pour la diversification et demain, si tout marche bien, ces douze conquérants de la terre pourront admirer le chemin parcouru grâce à leur volonté et à l’acquisition de nouvelles connaissances.
Luidor Nono.
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