Grain de Sel n°16 - novembre 2000
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SUR LE TERRAIN

De taximan à paysan : une reconversion prometteuse
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" Depuis deux ans que je suis au village, j'ai déjà réussi à mettre en place une palmeraie de 35 pieds, un étang piscicole de 100m2 et quatre ruches plus une porcherie en construction. "

Le jeune homme qui parle ainsi s'appelle Salla Bamela Israël. Dans la petite cellule qui lui sert de chambre, Israël ne semble pas trop gêné. Bien au contraire, ici à Melen, son village natal, la petite tente verte située près des autres cases de diverses formes attire le regard, suscitant la curiosité dans cette localité du Sud-Cameroun. Les activités que pratique notre jeune homme âgé seulement d'un quart de siècle paraissent peu ordinaires pour le personnage. En effet avec ses réalisations, il se veut en même temps agriculteur, artisan, planteur... Bref il ne sait pas très bien lui-même quel métier ou activité annoncer, lorsqu'on lui demande sa profession. Pourtant du temps où il vivait en ville, il n'avait aucune honte à revendiquer son titre de taximan ou encore d’opérateur sur ordinateur qu’il exerça pendant quelque temps.

Tout cela après avoir arrêté ses études en classe de première. Mais comme il le raconte lui-même, la vie a ses revers et il faut savoir saisir les opportunités qui se présentent. " Le taxi occupait tout mon temps et en fin de mois toutes mes économies passaient dans le loyer, les petits besoins et autres plaisirs de la ville, confie-t-il. Le travail que je faisais sur l’ordinateur non plus ne rapportait pas grand chose. J'ai donc préféré devenir maître de moi-même et c'est ainsi que je suis rentré au village pour mener mes activités. " Ce revirement a certainement surpris plus d'une personne dans l'entourage d'Israël, mais il a été accueilli comme l'enfant prodige qui rentre à la maison.

" Quand ma palmeraie va produire … "

Surtout que par la suite il n'est pas resté les bras croisés. Et, très important, il a tout fait pour ne pas se laisser gagner par la nostalgie de la ville ou le virus des ‘ ambiances’. Il est devenu un vrai villageois s'occupant de sa cacaoyère, ce qui lui a permis de lancer d’autres activités. " J'ai commencé à travailler le cacao et j'ai eu un peu de sous. Avec cet argent, sur les conseils de mon frère, j'ai commencé par acheter des ruches et rémunérer la main d'œuvre pour l'étang. "

Etant novice dans la profession et n'ayant rien rapporté de la ville, il compte encore beaucoup sur sa cacaoyère qu'il entretient régulièrement. " Elle occupe la première place. C'est l'avenir qui nous permettra de dire si les autres activités vont bien prospérer ou non. " Et il compte bien prospérer. Même si plusieurs fois la tentation de l'abandon l'a saisi " mais, la famille m'a beaucoup aidé, reconnaît-il, et continue de me soutenir grandement. " Surtout le grand frère qui n'a pas hésité à lui faire confiance et continue de lui donner, dans la mesure de ses possibilités, ce dont il a besoin pour ses activités agropastorales.

Parlant de l'avenir, le jeune homme affirme, serein: " Quand ma palmeraie va commencer à produire, j'aurai de l'argent et quand je vais vider l'étang pour la première fois et récolter le miel, je sais que tout cela va me faire prospérer. "

Une correspondance de Luidor Nono au Cameroun

 

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