ZOOM
télécharger le fichier texte (format RTF - 237 Ko, 707 mots, 2 pages)
Ce qui fait perdre du temps et de l’argent aux paysans africains
Notre confrère la Voix du paysan (Cameroun) a recueilli les impressions de trois jeunes françaises, étudiantes en école d’ingénieurs qui, pour leur premier contact avec l’Afrique, ont séjourné en milieu rural, partageant la vie et les tâches de familles camerounaises (cuisine, puisage de l’eau, travaux des champs, vente sur les marchés, etc.).
Voici donc leurs conclusions sur ce qui complique grandement la vie des paysans africains.
- Les traditions et surtout les funérailles qui peuvent réduire à néant l’épargne de plusieurs années ;- les longs déplacements à pied vers les champs et les marchés, le transport de la récolte souvent sur la tête;
- la polygamie : trop de femmes et d’enfants, donc de nombreuses charges pour le paysan ;
- la cuisine avec de trop longues préparations des repas ;
- le manque de formations et d’informations : on dépense pour des choses non indispensables ;
- l’inégale répartition des tâches et des charges entre l’homme et la femme, avec une lourde charge pour les femmes qui doivent élever les enfants, faire la cuisine, travailler aux champs, faire la lessive, vendre au marché ;
- le manque de salubrité qui entraîne maladies et dépenses ;
- les difficultés de communication : pour la moindre nouvelle, il faut se déplacer ;
- l’absence de sécurité sociale pour aider les paysans en cas de maladie et, les visites interminables.
Voilà qui promet des discussions dans les chaumières !
La campagne de café - cacao sur fond de réformes
Mme K. Adjoua, septuagénaire et productrice de café et de cacao, ne comprend rien à tout ce qui se dit et se fait depuis ces dernières années dans la filière café/cacao. L'essentiel pour elle c'est de pouvoir vendre les quelques tonnes de produit qu'elle a pu obtenir cette année dans l'espoir de fournir à ses petits-enfants les moyens d'aller à l'école. Elle attend donc avec impatience l'ouverture de la campagne. Réformes ou pas, réorganisation de la filière ou restructuration, toutes ces notions lui sont étrangères, d'autant plus qu'il n'y personne pour lui expliquer ce que cela représente pour elle.
Pour le ministre de l'Agriculture et des Ressources animales par contre, " la nécessité d'une remise à plat et d'une réforme des filières café/cacao se justifie à plusieurs points de vue. La libéralisation mal conçue et mal encadrée, mise en place l'année dernière, s'est traduite par une érosion plus que sensible des revenus du planteur ivoirien. Parallèlement à cette situation, cependant, avec le retour à la campagne de jeunes agriculteurs bien formés, les exigences des planteurs ivoiriens évoluent légitimement vers une plus grande responsabilité ". Quant aux difficultés pour les organisations paysannes et les exportateurs d'accéder aux préfinancement de la campagne, cette situation découle selon lui du " manque de visibilité sur les prix ".
De son point de vue, le monde du cacao est devenu tellement complexe qu'il requiert désormais une haute technicité de la part de tous les acteurs, planteurs et exportateurs compris. C'est dans ce contexte difficile qu'intervient l'ordonnance du 17 août 2000 qui, régira désormais la filière café-cacao dont " les activités d'achat et d'exportation seront largement ouvertes aux producteurs et à leurs organisations professionnelles coopératives ".
Les attentes sont nombreuses avec l'avènement de cette ordonnance. Elle devra en effet aider à " optimiser le positionnement de la production ivoirienne sur le marché mondial du café et du cacao, développer l'organisation paysanne et un secteur privé national performant, améliorer et réguler les revenus des paysans et lutter contre la pauvreté. Elle devra également améliorer la qualité du café et du cacao ivoiriens et pérenniser cette source de richesse nationale pour permettre une contribution normale de la filière aux charges de la nation ".
Dans cette perspective, les acteurs de la filière ont été appelés à se doter de structures appropriées. La mise en place de ces structures a commencé depuis le 26 septembre dernier sur toute l'étendue du territoire. Mais en attendant, des coopératives ont été créées depuis l'année dernière conformément aux vœux de la tutelle qui avait fait entrevoir à ces organisations la possibilité d'avoir accès à un fonds de garantie. Ces coopératives malheureusement attendent encore.
Josette Barry
Fraternité Matin - Côte d’Ivoire
Qui
sommes nous * Sources d'Information
sur le Développement rural * Infos
du réseau
Plan du
site * Grain de Sel - le bulletin
* Publications * Nouveautés
sur le site
Chercher
* Groupes de travail * Trucs
et astuces d'internaute * Ecrivez
nous