FIARA 2000 - Les paysans à la rencontre des distributeurs et des consommateurs
Visant à promouvoir les potentialités de la sous région, la Foire internationale agricole et des ressources animales qui s’est tenue du 6 au 19 décembre dernier à Dakar semble avoir réussi son premier pari
Avec ses 700 visiteurs par jour et les contacts noués entre producteurs, organisations professionnelles et industrielles, la FIARA affiche en effet un bilan plutôt encourageant. Portée par la grande détermination du Président de son comité d’organisation, M. Boubacar Cissé, président des apiculteurs du Sénégal, cette initiative, il faut le dire, a représenté un véritable défi. C’est la première fois qu’une organisation paysanne, le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) et l’Association des présidents de conseil rural (APCR), s’affranchissaient des canaux administratifs habituels pour prendre en main une telle manifestation. Jusqu’au bout la FIARA a revendiqué son caractère de ‘foire des paysans’ et sa sobriété a été à la mesure des moyens des producteurs qui l’ont soutenue.Identifier des jeunes motivés par un retour à la terreSoixante-dix exposants représentant un large échantillonnage des régions de production du Sénégal, ont ainsi présenté leurs produits, issus de l’agriculture, de l’élevage, de petites unités de transformation, mais aussi de l’artisanat qui constitue une importante activité connexe en milieu rural. Etaient également présents certains partenaires du développement rural (instituts de recherche, coopérations étrangères) qui ont présenté quelques expériences menées sur le terrain. L’un des stands les plus courus a été sans conteste la bourse d’échanges sur Internet ouverte par la FIARA en collaboration avec la Fondation Global Point, récemment installée au Sénégal pour favoriser des échanges commerciaux. Ce site qui permettait aux producteurs de faire connaître leurs produits sur le Web a enregistré de nombreuses connexions de l’étranger.
Autre fait marquant, la présence de responsables paysans de 17 pays africains, de la Mauritanie au Tchad, en passant par la Guinée, le Burkina Faso, le Niger, le Cameroun, la Gambie et la Côte d’Ivoire, venus s’associer à cette première FIARA, grâce au soutien de SOS FAIM, du Club du Sahel et du CTA (Centre technique de coopération agricole et rurale) (page 4).
Bien qu’elle ait été d’envergure modeste, l’un des points forts de la FIARA est d’avoir introduit une formidable animation autour de différents pôles d’intérêts liés à son secteur d’activité. Ce furent les forums organisées dans le cadre de journées professionnelles thématiques et qui ont donné lieu à de fructueux échanges entre experts, producteurs, partenaires du développement, représentants d’administrations et un public assidu d’étudiants aux métiers de l’agriculture. Profitant de cette tribune, l’Inter-Réseaux y a organisé deux débats, l’un orchestré par Daouda Sakho sur ‘le financement de l’agriculture’ et le second sur ‘l’évaluation des organisations paysannes’ animé par Daouda Diagne.Le journal ‘FIARA Infos’, quotidien pendant la foire et distribué gratuitement, a contribué à élargir l’audience de la manifestation. D’ailleurs l’ambition de ses promoteurs est d’en faire un nouveau support à destination du monde rural. Le milieu éducatif n’était pas non plus en reste, puisque le CNCR a offert des prix d’encouragement aux meilleurs élèves de fin d’études des établissements de formation. Un pont relationnel amené à déboucher sur des bourses d’études qui permettront aux plus méritants de se spécialiser en fonction des besoins du terrain, avant d’être orientés par les organisations paysannes vers des offres d’emplois. Enfin un volet culturel baptisé RUR’ART, a permis de récompenser quelques oeuvres d’artistes locaux magnifiant le travail de la terre dans le domaine des arts plastiques, de la poésie et de la musique.
Ces actions ont suscité un réel élan autour de la FIARA au point qu’un club des amis de la FIARA a été lancé par de jeunes producteurs et sympathisants pour en assurer la pérennité. Une initiative à laquelle le CNCR et l’APCR restent attentifs en vue d’identifier des jeunes gens motivés par un retour à la terre pour les aider à s’installer.
La deuxième édition de la FIARA est prévue en mars 2001 à Dakar.
Sylvia Serbin
sylvia.serbin@inter-reseaux.org