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P@ssDev Infos n°12
juillet 2001


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SOMMAIRE
 

Programme P@ssDev : activités du réseau  

    Comme nous vous l'annoncions lors du précédent numéro, P@ssDev s'engage auprès des organisations du Sud travaillant dans le domaine du développement et qui ne disposent pas encore des moyens de concevoir et d'administrer leurs pages Web. Partant d'un texte de type plaquette et d'un logo fournis au format électronique, nous composons pour eux un mini site web qui sera hébergée gratuitement sur le site P@ssdev avec une adresse de type www.passdev.net/nom-de-l'organisation.html
    L'objectif est de promouvoir ces organisations qui travaillent avec l'Inter-Réseaux tout en les conseillant pour qu'elles puissent acquérir à moindre coût une autonomie dans la gestion de leur site Web. Ce mois ci nous accueillons trois organisations dont les adresses sont référencées dans le chapitre "Répertoire" sous la rubrique "Ong - Réseaux - Opérateurs" : l'Animation Rurale de Korhogo (ARK - passdev.net/ark.html), JADE Burkina (passdev.net/jade.html) et Action Sud Ziguinchor (ASZ - passdev.net/asz.html).

Internet en pratique

    Franconnex.com : la connexion des experts en technologies de l'information

    L'objectif du site est de rendre disponible et facilement accessible un ensemble d'informations en français utiles aux intervenants engagés dans le développement des technologies de l'information. Les informations privilégiées sont celles provenant de pays à faible couverture médiatique qu'ils soient francophones ou non. Des brèves, des articles, des interviews et des dossiers sont produits par un réseau de correspondants rédacteurs sur des thèmes variés : enjeux socio-économiques, commerce électronique, réglementation, produits, réseaux (nouveautés, tests et comparaisons) , stratégies et politiques gouvernementales, ….
    www.franconnex.com

    Internet, les passerelles du développement : cédérom du réseau Anaïs

    Sous la forme de base de données documentaires, Anaïs présente des articles, des études et des textes de référence organisés en 4 rubriques : usages des TIC pour le développement, base documentaire sur la société de l'information, fiches de présentation des acteurs et outils (méthodologie, logithèque). L'ensemble des contenus du cédérom est disponible en ligne sur le site d'Anaïs.
    www.anais.org

Répertoires

    Agences - Directions - Ministères

    Ministère de l'administration territoriale et des collectivités locales de la république du Mali
    http://w3.matcl.gov/ml

    ONG - Réseaux - Opérateurs

    ARK : Animation Rurale de Korhogo
    L'ARK est une ONG ivoirienne s'adressant aux populations villageoises dans une perspective d'auto-promotion communautaire. Elle accompagne les populations rurales, facilite l'émergence et le renforcement organisationnel des collectivités et Organisations Paysannes (O.P) partenaires.
    www.passdv.net/ark.html

    JADE Burkina
    Le réseau des Journalistes en Afrique pour le Développement (JADE) du Burkina Faso (section de Jade Afrique) regroupe des journalistes spécialisés dans la production multimédia, l'édition, la communication pour le développement et la formation.
    www.passdev.net/jade.html

    ASZ : Action Sud Ziguinchor
    Action Sud Ziguinchor (A.S.Z.) est une structure basée au Sénégal à Bignona (région de Ziguinchor). Son objectif est d'apporter aux dynamiques locales et aux organisations paysannes un accompagnement sur mesure pour une réelle maîtrise de leur environnement socio-économique.
    www.passdev.net/asz.html

    AGRO-PME :
    Agence camerounaise pour la promotion des activités du système agroalimentaire et des PME
    www.africadev.net/Agro-Pme

    Groupe de Réalisations et d'Animations pour le Développement (GRAD)
    Le GRAD soutient depuis plus de 20 ans la communication et l'information sur les problèmes relatifs au développement. Le site du GRAD présente l'ensemble des productions de l'organisation ainsi que celles d'autres associations partenaires (livres, cassettes audio, cédéroms, dossiers pays et dossiers pédagogiques).
    www.globenet.org/grad

    Helvetas Mali
    La représentation malienne de l'ONG suisse résume en quelques pages ses programmes, son actualité et ses partenaires.
    www.helvetas-mali.org

    Fédération Internationale des Producteurs Agricoles (FIPA)
    www.ifap.org

Sources d'information
    Système d'information documentaire et bibliographique

    AGRIDOC : réseau d'information et de documentation pour les acteurs du développement rural
    Agridoc est un réseau d'information et de documentation financé par le Ministère français des affaires étrangères. BDPA assure l'animation du réseau et la réalisation de produits et services, et le GRET conçoit et édite des publications techniques. Agridoc, un programme destiné aux acteurs du développement rural. Les acteurs directs du développement agricole et rural, en particulier les responsables professionnels et les praticiens de terrain constituent la cible prioritaire d'Agridoc. Le programme Agridoc s'adresse à l'ensemble des pays de la zone de solidarité prioritaire de la Coopération française. De quels services bénéficient les adhérents ? L'appui apporté par le réseau via son unité d'animation basée à Paris est gratuit et comporte en fonction des catégories de membres : le bulletin Agridoc (2 n°/an), la revue thématique Agridoc (2 n°/an), une dotation d'ouvrages et d'articles et le service librairie, l'accès au service questions réponses ainsi qu'au site Internet, une liste de discussion et un flash d'information électronique. Agridoc assurera, de plus, la diffusion de documents originaux réalisés par le GRET.
    www.agridoc.com

    Portail africain généraliste

    AFRIKA
    Site portail sur l'Afrique et le Maghreb articulé autour d'un journal quotidien bien alimenté.
    www.afrika.com

    Portails thématiques

    EDUSUD : les TIC au service de l'éducation des pays du Sud
    Initié par le Réseau Africain de Formation à Distance (RESAFAD), ce portail présente des sites éducatifs dans les pays du Nord et du Sud, des dossiers d'actualité et plusieurs types de ressources dans les domaines de la formation aux TIC.
    www.edusud.org

    PovertyNet : le portail de la Banque Mondiale sur la lutte contre la pauvreté
    La Banque Mondiale a mis en ligne un site portail pour "mettre des ressources et des contacts à la disposition des personnes travaillant pour améliorer la compréhension et réduire de la pauvreté". Articles, rapports, communiqués de presse et discours sont directement accessibles, dont un certain nombre en français répertoriés sur la page suivante www.worldbank.org/poverty/french.htm
    www.povertynet.org

    Périodique généraliste

    MUSOW : le magazine électronique des femmes africaines Les femmes maliennes ont leur périodique électronique qui paraît tout les mois, hébergé par le fournisseur de services Internet Afribone.
    www.musow.com

    Fil de presse

    Panapress : l'actualité africaine par les Africains
    L'agence Panapress diffuse plusieurs fils quotidiens d'informations en matière d'actualité africaine (agriculture, économie, technologie, politique, santé, sports, environnement, culture, etc.). La Rédaction assure également une revue hebdomadaire de la presse africaine. Les langues de travail de l'agence sont le français, l'anglais et l'arabe en attendant le portugais prévu fin 2001. Le site est rapide, régulièrement mise à jour et, jusqu'à aujourd'hui (juillet 2001), sans aucun encart publicitaire si ce n'est les logos des deux sponsors apparaissant en page d'accueil.
    www.panapress.com

    Bibliothèque virtuelle

    Situation des récoltes et des approvisionnements en Afrique sub-saharienne (avril 2001)
    Le Système Mondial d'Information et d'Alerte Rapide sur l'Agriculture et l'Alimentation (SMIAR) de la FAO, publie ce rapport en version html à l'adresse suivante : www.fao.org/giews/french/af/af0104/httoc.htm

    Rapport mondial sur le développement humain 2001 : mettre les nouvelles technologies au service du développement humain Le nouveau rapport est introduit par la réflexion suivante : "Les réseaux technologiques sont en train de bouleverser la carte du développement. Ils élargissent les horizons des individus et créent les conditions qui permettront de réaliser en l'espace d'une décennie des progrès qu'il a fallu, par le passé, plusieurs générations pour accomplir". Pour un commentaire, voir l'article de Panapress dans son dossier Développement humain en Afrique (www.panapress.com)
    Vous pouvez télécharger le rapport en un seul fichier ou par chapitre à l'adresse suivante www.undp.org/hdr2001/french/

Articles en lignes

    Télécentres connectés et développement local en milieu rural : aperçu de la situation et perspectives pour l'Afrique
    Gilles Mersadier - juillet 2001

    Une version abrégée de cet article est publié dans Grain de Sel n°18 (juillet 2001). La version intégrale au format électronique sera reprise sur le site Web d'Agridoc (www.agridoc.com) dans la revue semestrielle d'information et d'expression des acteurs du développement rural.

    Un télécentre peut se définir comme un lieu physique où l'on fournit au public un accès aux technologies de l'information et de la communication : téléphone, fax, photocopieuse, équipement informatique et logiciels de bureautique. Le premier télécentre fut établi dans le milieu des années 80 au sein d'une communauté agricole de Suède, comme un moyen pour déployer de façon équitable les nouveaux réseaux de télécommunication, permettant aux communautés rurales isolées de renforcer leurs liens sociaux avec l'ensemble du pays et d'établir des relations d'ordre économique avec le monde extérieur.
    Le déploiement du réseau Internet en dehors des universités et des centres de recherche permet dès le début des années 90 aux télécentres d'ajouter à leurs services l'accès à l'utilisation du courrier électronique et la consultation de contenus " délocalisés " sur des serveurs Web distants.
    Aujourd'hui dans les zones rurales françaises, les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) regroupées dans un télécentre connecté sont surtout considérées comme des outils de développement local. Elles permettent le télé-travail et la télé-formation, favorisent promotion des activités locales et micro-régionales sur le Web, permettent l'accès à des informations économiques et administratives régionales, nationales et internationales. L'exemple des "télécottages du Berry" est représentatif de cette approche : un réseau de télécentres dont chaque unité représente un pôle local de ressources humaines, un cercle de rencontre pour une communauté, réunissant des cours de formation professionnelle ainsi que services aux entreprises et aux particuliers (bureau, bibliothèque, salles de réunion). Parallèlement, le nombre d'individus connectés augmente rapidement dans le secteur rural du fait de la démocratisation de l'accès aux NTIC et à Internet. Même dans les zones rurales faiblement peuplées on peut observer une qualité croissante de la connexion pour un coût de plus en plus faible des télécommunications et du matériel informatique. Des sites portails thématiques ou sectoriels regroupent les internautes isolés au sein de communautés virtuelles partageant des intérêts, des préoccupations et des besoins. Ces sites web réunissent des informations électroniques issues de nombreuses sources et répondant aux attentes d'un public spécifique, par exemple celui des producteurs (voir pour exemple les sites www.web-agri.fr et www.terre-net.fr).

    Modèles de télécentres connectés en Afrique

    Sur le continent africain, l'appellation " télécentre " désigne communément une boutique privée regroupant une ou plusieurs cabines téléphoniques dans un local, permettant à la population environnante de disposer d'un accès de proximité au téléphone sans avoir à supporter les charges d'installation et d'abonnement d'une ligne privé. Au Sénégal (comme au Kenya et au Ghana) leur développement est considérable : on compte 10 000 télécentres en 2000 dont plus de la moitié est située sur la presqu'île de Dakar. Ceux qui ont ajouté la connexion Internet à leurs services sont majoritairement situés en milieu urbain (capitale et villes secondaires), hébergés dans une petite (ou très petite) entreprise dont l'activité économique principale concerne au moins l'un des trois secteurs marchands suivants : matériel informatique, bureautique et "consommables", matériel téléphonique (fax, portable), services bureautiques (saisie et traitement de documents, formation à l'utilisation de logiciels).
    Le modèle de " télécentre communautaire polyvalent " (TCP) se rapproche, dans le concept, du modèle "originel" occidental ciblant le monde rural. Il est issu d'une démarche " projet " construite par des agences de coopération multilatérales à la fin des années 90 suite au plan d'action des Nations unies pour le développement rural intégré . Des projets pilotes de TCP sont financés dans 5 pays africains , localisés dans des villes secondaires éloignées des capitales et disposant d'un système de télécommunication autonome (radio ou satellite).
    En plus des fonctions de " télécentre connecté ", les TCP proposent des formations, toute une gamme de services d'information (accès aux informations administratives locales et nationales) et ils mettent en ligne des expériences et des savoirs locaux. Les premières évaluations insistent sur les difficultés techniques rencontrées (maintenance du matériel difficile en milieu rural) et sur la durabilité improbable en cas de fin des subventions ! En Afrique francophone (cas de Tombouctou au Mali), l'implication forte de l'opérateur national des télécommunications et de l'administration locale qui reste " en voie de décentralisation " ne facilite pas l'appropriation du projet par la société civile. En Afrique anglophone (cas de Nakaseke en Ouganda), le modèle " communautaire " est plus en adéquation avec les institutions locales (Local Council) : elles subventionnent une partie le fonctionnement du TCP avec les impôts locaux et en confient contractuellement la gestion quotidienne à une société privée. Un autre modèle de télécentre connecté s'applique au milieu rural africain. Il s'appuie sur une association ou une organisation à but non lucratif qui, en plus de ses activités dans le développement rural, met à la disposition du public des ordinateurs connectés installés dans ses locaux et dans ses antennes. Le cas de l'ONG béninoise Songhaï est aujourd'hui le seul connu fonctionnant en Afrique francophone. Cette organisation se définit comme un " centre de formation, de production, de recherche et de développement en agriculture durable, […] visant à élever le niveau de vie des populations en utilisant les ressources locales, les méthodes traditionnelles et modernes ". Grâce à ses télécentres du réseau béninois des téléservices communautaires décentralisés, Songhaï a pour objectif d'amener les NTIC vers les communautés rurales afin de diffuser ses résultats et de faciliter l'acquisition et l'échange d'expériences entre les composantes du monde rural national et international . Sans avoir pu constater le fonctionnement réel du modèle appliqué par Songhaï, il apparaît comme le seul envisageant Internet comme un outil de communication complétant des méthodes et des supports plus classiques déjà utilisés par l'organisation.

    Perspectives pour le développement rural africain

    En occident, l'ambition des télécentres connectés en milieu rural s'inscrit dans une démarche de développement local réaliste vu la démocratisation de l'accès aux NTIC et l'importance des gisements d'informations électroniques (sites portail, bases de données, bibliothèques virtuelles). En Afrique, et particulièrement en milieu rural, les contraintes sont d'un autre ordre et nécessitent une approche intégrant de façon pragmatique l'outil Internet et les NTIC en général dans des dynamiques existantes. En Afrique, comparés au niveau de vie moyen, les coûts de connexion sont élevés (abonnement, communication téléphonique), les liaisons de qualité médiocre (difficultés pour se connecter, coupures fréquentes, bande passante limitée), le matériel informatique et les consommables (cartouches d'encre, disquette et cédéroms) très chers. Le regroupement de matériel informatique connecté au sein d'un lieu accessible au public reste la solution idéale pour faciliter un usage collectif des NTIC à moindre coût pour les utilisateurs. Pour bénéficier des meilleures conditions possibles de fonctionnement, ce lieu devra être implanté là où se trouvent concentrées les compétences et les infrastructures adaptées : les grandes villes et les capitales. Le modèle le plus "durable" ? Sûrement celui des télécentres classiques mettant à disposition de leur clientèle une connexion Internet.
    Et les communautés rurales ? Beaucoup d'ingénieurs des télécommunications ont pour principale préoccupation de les connecter au plus vite au réseau mondial en palliant l'absence de téléphone (ou sa vétusté) par des moyens techniques plus sophistiqués (satellite, boucle radio). Les praticiens de la communication pour le développement restent pragmatiques et proposent plutôt que soient connectées en priorité les organisations de base et les organisations d'appui aux communautés, qui ont déjà une pratique de formation, d'information et de conseil par des médias plus classiques comme les radios rurales et communautaires, la diffusion de cassettes audio et vidéo, la distribution de bulletins, journaux et affiches.
    Ces organisations sont nombreuses dans le monde rural : collectivités locales, fédérations d'organisations de producteurs, organisations d'appui au monde rural, sièges de réseaux et de médias spécialisés sur le monde rural, centres de documentation et de formation, bibliothèques. Elles peuvent utiliser les NTIC et Internet pour améliorer leur fonctionnement général, accéder à des sources d'information distantes, échanger avec des partenaires sectoriels ou thématiques. Ces usages nouveaux se répercuteront dans les contenus diffusés par les organisations vers leurs publics respectifs (administrés, membres, adhérents, lecteurs). Ils leur permettront aussi d'augmenter le capital, aujourd'hui très réduit, d'informations électroniques tant sur l'environnement local et national dans lesquels ils agissent, que sur leurs savoirs, leurs expériences de terrain et leurs produits documentaires.
    Certaines organisations comme les collectivités locales et les organisations de producteurs disposant en dehors des principales villes d'antennes, de délégations ou de correspondants équipés d'une ligne téléphonique peuvent se doter d'ordinateurs connectés pour relayer les messages de leur base et leur faciliter l'accès à Internet en se spécialisant dans des initiations et des conseils de "navigation" appliqués à leurs domaines de compétence (sites Web et listes de diffusion mais aussi cédéroms).

    Bibliographie et sources d'informations

    Afrique
    Hani Shakeel, "Barriers to Telecenter Implementations in Sub-Saharan Africa", Massachusetts Institute of Technology - mai 2000 www.cid.harvard.edu/ciditg/resources/shakeel.pdf

    Mike Jensen, "African telecentre Experience", compilation de sources d'informations électroniques associée à la liste de diffusion Afagrict-l sur le serveur du CTA www.agricta.org/afagrict-l/telecentres.htm

    R. Gomez, P. Hunt, E. Lamoureux (IDRC), "Focus on telecenters : How can they contribute to social development ?" - 1999 www.idrc.ca/pan/chasqui.html
    Site du télécentre communautaire polyvalent ougandais de Nakaseke www.nakaseke.org.uk

    Site du télécentre communautaire polyvalent malien de Tombouctou www.tombouctou.org.ml

    J-P. Ilboudo, "Pour un redéfinition du contenu des télécentres : commencer par les besoins et élargir l'audience des télécentres en les reliant à la radio rurale locale de type communautaire". Mars 2000, FAO Groupe Communication pour le développement. www.fao.org/sd/frdirect/cdan0030.htm

    M.L. Mahoukou, "Télécentre communautaire, une solution pour le rural" www.sas.upenn.edu/African_Studies/Padis/telmatics_Mahok.html

    France
    Le site des accès publics à l'internet - Mission pour l'accès public à l'internet - Programme d'action gouvernementale pour la société de l'information (PAGSI - Premier ministre) http://accespublics.premier-ministre.gouv.fr

    Télécottages du Berry, une approche intégrée
    www.chez.com/telecentre/ARCTIC/


    ACTI Limousin - Actions concrètes des technologies de l'information en Région Limousin www.actilimousin.net/acti/acti.htm

    Quels usages des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) pour les organisations de solidarité internationale (OSI) et leurs partenaires du Sud ? Plaidoyer pour un "cyber-partenariat" Gilles Mersadier, juin 2001

    Cet article est paru dans le bulletin mensuel de la Coordination Sud "Nouvelles du SUD" - juin 2001 - www.coordinationsud.org/coordsud/vocation/nelles_sud.html

    Quelques éléments de constat

    Bien qu'aucune étude exhaustive n'existe à ce jour, on peut avancer que les OSI françaises, au-delà d'une certaine taille, sont obligées depuis plusieurs années d'informatiser l'administration et la gestion de leurs activités courantes. L'utilisation des NTIC est plus récente mais se généralise, favorisée par les performances croissantes du réseau Internet et la baisse des coûts qui l'accompagne (tant pour les services d'accès et d'hébergement que pour le matériel multimédia et les communications téléphoniques). Si on observe les usages courrant, on remarque qu'ils se limitent souvent aux fonctions basiques du courrier électronique et à l'édition d'un site Web présentant l'organisation, ses activités et ses publications. Plus rares sont les OSI qui ont déjà mis en place des outils de communication et d'information électronique permettant une diffusion plus large et moins onéreuse de supports classiques (courrier, lettre d'information, bulletin, publication).

    Dans les pays d'Afrique francophone, les associations travaillant dans le secteur du développement et disposant de matériel informatique sont encore peu nombreuses. On constate depuis quelques années un équipement croissant au sein des organisations qui bénéficient d'une aide extérieure : les bailleurs acceptent maintenant de financer ce type d'équipement (très coûteux localement) si la charge de traitement des informations associée à la gestion du projet le justifie. Dans la plus part des cas que nous rencontrons, l'équipement informatique et les logiciels sont sous utilisés : si les compétences internes maîtrisent les outils de bureautique dans leurs fonctions basiques, il est rare qu'elles les utilisent de façon plus poussée pour les assister dans la création de supports de communication classiques. Pour ce qui est de la connexion au réseau Internet, plusieurs constantes sont à relever pour l'Afrique francophone : comparés au Nord, les tarifs sont élevés (abonnement, communication téléphonique) et les connexions de qualité médiocre (difficultés pour se connecter, coupure fréquente, bande passante réduite).

    Vu le contexte et les charges financières associées, les organisations du secteur associatif qui sont informatisées utilisent peu les potentialités d'Internet en interne à l'exception de quelques structures importantes ; elles utilisent alors régulièrement le courrier électronique mais là encore sans exploiter toutes les potentialités qu'offrent les logiciels de gestion (comme Eudora ou Outlook) ou les listes de diffusion. Quant à création de pages Web, elle est fortement limitée par les coûts prohibitifs pratiqués par les prestataires de services locaux (pour la création et pour l'hébergement) et par l'absence de formation simple et pratique à l'édition de pages Web. De nombreuses petites associations utilisent très fréquemment les services de télécentres mettant à disposition du public des ordinateurs connectés. Pour un coût variant de 10 à 25 francs l'heure, elles peuvent ainsi utiliser le courrier électronique en étant limitées par les contraintes du "webmail" : les messages sont consultés, rédigés et imprimés "en ligne" depuis le site Web (comme Hotmail ou Yahoo) qui héberge votre adresse et toutes vos archives.

    Pistes et conseils pour agir

    Même si on se limite aux usages courant du courrier électronique, une OSI dont les activités entraînent des échanges d'informations fréquents et importants avec ses relais au Sud a tout intérêt à ce que ceux-ci aient eux-mêmes accès à un équipement connecté. Quelques conseils techniques …
    ….Pour l'équipement nos partenaires au Sud, le marché florissant de l'occasion et des "assembleurs" (machines neuves sans marque) constitue en France une source d'approvisionnement intéressante à exploiter. On prendra soin de bien "dimensionner" les performances des ordinateurs, des logiciels et des périphériques pour qu'ils répondent précisément aux besoins des utilisateurs (on a toujours tendance à sur-dimensionner). Trois points importants à ne pas négliger : la maintenance du matériel (fragilisé par le contexte tropical) et du système d'exploitation (pour pallier les dysfonctionnements fréquents du plus courant d'entre eux !), le coût de la connexion et des "consommables" (Toner et cartouche d'imprimante, chers et difficiles à trouver localement voire introuvables).
    ...Pour de simples échanges de courrier via des télécentres connectés, notez que seules les capitales et quelques grandes villes disposent de ce type d'équipement pouvant servir de "boites aux lettres virtuelles". On conseillera alors aux associations de tester la qualité et la diversité des services offerts (comme la possibilité d'utiliser une disquette pour envoyer ou récupérer un fichier attaché), puis de se fixer sur un télécentre pour l'ensemble de ses connexions (les habitués sont toujours privilégiés !).

    Une fois que la connexion est possible entre nos organisations, nous devons ensemble travailler pour une appropriation durable de l'outil informatique et des usages de la communication électronique. Bien sûr les formations "sur site" sont incontournables mais elles doivent associer étroitement l'acquisition de compétences techniques à une activité de l'organisation qui intégrera ces outils. L'idéal est de pouvoir partager notre expérience (si modeste soit-elle !) en conseillant nos partenaires. Un diagnostic commun réalisé à l'occasion d'un rencontre "physique" permet de s'accorder sur des priorités en terme de communication électronique ; le suivi et le conseil "à distance" peut ensuite s'instaurer par échanges de courrier électronique.

    Enfin n'oublions pas que si tous les pays africains disposent aujourd'hui d'un accès au réseau mondial, les contraintes associées à son utilisation restent importantes : elles permettent une bonne utilisation du courrier électronique (si l'on prend garde de ne pas y attacher de trop gros fichiers !), mais imposent quelques règles d'économie de la connexion pour l'utilisation du Web (recherches préalables précises pour limiter la navigation, utilisation des outils de "consultation hors lignes" permettant de conserver les pages Web chargées pour les exploiter une fois déconnecté,….).