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Parmi les multiples défis qui ont été évoqués dans ce dossier, pour nourrir la population croissante en Afrique de l’Ouest et parvenir à une forme de souveraineté alimentaire, trois semblent revêtir une importance cruciale : l’intensification de la production, l’intégration régionale, et la transformation des céréales locales.
En Afrique de l’Ouest, pour simplement nourrir l’ensemble de la population à venir, il faudra doubler la production céréalière d’ici 2030, pour atteindre 125 millions de tonnes.
L’indispensable intensification durable pour doubler la production sans mettre à mal les ressources. Le (...)
Bien que le secteur de la transformation assure une fonction essentielle à l’interface entre l’offre rurale et la demande urbaine, son potentiel reste aujourd’hui sous-estimé par les acteurs du développement. Rares sont les politiques qui prennent la mesure de cet enjeu et soutiennent ce secteur dans sa diversité et selon ses besoins.
Le secteur de la transformation a une place cruciale dans les filières céréalières. Il assure une fonction d’intermédiation entre la production et les marchés urbains et ruraux. Dans un contexte de fort développement des centres urbains, ce secteur permet notamment (...)
Différents dispositifs interprofessionnels ont été mis en place dans plusieurs pays ouest africains, pour structurer les relations entre les différents maillons des filières céréalières et réguler le marché céréalier. Le CICB, au Burkina Faso, est l’un d’entre eux. Entretien avec son président.
Grain de sel : Pouvez vous présenter le CICB ?
Soumaïla Sanou : Le Comité interprofessionnel des céréales du Burkina Faso (CICB) a été mis en place en juillet 2003. Il réunit les professionnels des filières céréalières (mil, maïs, sorgho) et niébé. Il est composé d’organisations : de producteurs (7 au total, dont (...)
Le bon fonctionnement des marchés agricoles n’est pas toujours synonyme de sécurité alimentaire : il existe des zones excédentaires en céréales qui souffrent d’insécurité alimentaire, et des zones en produisant moins qui supportent mieux la soudure. Illustration à partir d’un travail de terrain dans plusieurs provinces au Burkina Faso.
Au Burkina Faso, la sécurité alimentaire est souvent appréhendée sous l’angle de la capacité du système productif à fournir des aliments. Ainsi les actions pour lutter contre l’insécurité alimentaire visent généralement l’accroissement de la production céréalière. Pourtant (...)
Après avoir été longtemps vilipendés, les stocks ont brusquement retrouvé leurs lettres de noblesse à la faveur de la crise alimentaire de 2008. Outil majeur de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, ils restent controversés lorsqu’il s’agit de réguler le marché et de réduire les variations de prix. Communauté internationale et régionale, experts et praticiens, les stocks sont sur toutes les langues, mais aucun ne parle le même langage.
Les stocks, une histoire ancienne. Depuis des siècles dans le Sahel, la constitution de stocks fait partie des stratégies pour affronter les périodes de disette, (...)
Aujourd’hui la demande en céréale est là, mais il faut pouvoir y répondre sur les plans de la qualité, du volume, de la régularité. Il faut aussi que les marchés se fluidifient entre les pays de la Cedeao. Dans cet entretien, Mohamed Haïdara s’exprime sur les enjeux liés au commerce des céréales en Afrique de l’Ouest.
Grain de sel : Quelles sont les difficultés majeures que rencontrent les OP dans la commercialisation des céréales en Afrique de l’Ouest ?
Mohamed Haïdara : La mise en marché collective des céréales est difficile au niveau des producteurs. Cela est lié à l’insuffisance de lieux de (...)
Les initiatives collectives des producteurs agricoles pour faire face au marché céréalier sont nombreuses et diverses. Mais elles peinent encore à peser significativement sur le marché dans son ensemble. S’appuyer sur la richesse des acquis de ces expériences aiderait à définir des instruments d’appui adaptés.
Pour les producteurs céréaliers, la maîtrise du marché est aussi importante que la maîtrise de la production : l’accès de leurs produits au marché et à un prix rémunérateur est un enjeu fondamental. Les organisations de producteurs (OP) se sont donc engagées depuis de nombreuses années dans la (...)
La transmission des prix internationaux sur les prix domestiques dépend de plusieurs facteurs, notamment l’enclavement du pays, la qualité du système de commercialisation local, la substituabilité des produits locaux aux produits importés, et les interventions publiques. Éclairages sur la flambée des prix de 2007/2008.
En Afrique de l’Ouest, la double instabilité des prix (intra-annuelle et interannuelle) constitue une caractéristique structurelle des marchés des produits agricoles. Elle est fonction notamment du niveau de production dans la région et des fluctuations des prix internationaux. (...)
Les échanges de produits céréaliers sont importants en Afrique de l’Ouest, même s’il est difficile d’appréhender leur ampleur. Aux flux structurels qui connectent les bassins traditionnels de production à ceux de consommation, se greffent des flux d’opportunité induits par les disparités de politiques commerciales des États.
Bien que ne représentant qu’environ 30% du volume des productions vivrières ouest africaines, les céréales constituent un élément essentiel d’intégration des marchés et de garantie de la sécurité alimentaire régionale. Entre 30 et 40% de la production domestique est commercialisée. À (...)
La crise de 2008 a provoqué un réel sursaut des États ouest africains en matière de politique agricole. De nombreux programmes de relance de la production vivrière ont été mis en place et ont obtenu des résultats en termes de production. Cependant, des questions se posent encore sur la durabilité de ces soutiens.
Depuis 2008, année de « vie chère », on assiste en Afrique de l’Ouest à une relance des appuis des États à la production céréalière. En effet, dans un contexte de hausse des prix des céréales sur le marché international qui s’est répercutée sur les prix des céréales ouest africaines, divers États (...)